Troupe 52 de Nick Cutter

Publié le 30 Janvier 2017

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.
Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

Troupe 52 de Nick Cutter

Troupe 52 de Nick Cutter, traduit de l'anglais (Canada) par Eric Fontaine et paru aux Editions Denoël en 2016 est un roman d'horreur acclamé par les plus grands noms du genre tels que Bret Easton Ellis (American Psycho) et Stephen King.

Ce livre m'a été proposé dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Denoël et j'avais envie de changer de style et de lire un roman d'horreur. Il faut dire que je n'ai pas été déçu.

Nick Cutter conte l'histoire d'un groupe scout confronté à une épidémie sur un îlot au large de leur petite bourgade. Bien pire que la survie, c'est leur mental qui va être mis à rude épreuve.

Le résumé du livre le compare à Sa majesté des mouches, livre de William Golding. Effectivement, on retrouve l'aspect psychologique de jeunes ado livrés à eux-même dans un environnement sauvage. La psychologie des personnages dans Troupe 52 est réellement bien travaillée. On peut s'identifier à certains ados voir même avoir envie d'en tuer certains. Ils font face à des situations difficiles comme des adultes, tout en ayant les réactions liées à leur âge. Ces épreuves les font devenir matures mais leur enlèvent leur innocence.

Les moments d'horreur dans ce livre sont légions. L'auteur se fait plaisir à nous faire des descriptions écoeurantes de certains passages. Ici pas de terreur pure, telle que l'on peut avoir dans certains livres des deux auteurs que j'ai cité plus haut mais un roman dont les descriptions gores contribuent à nous immerger dans cette ambiance malsaine.

Le roman est très bien écrit. on alterne entre l'histoire de cette troupe, des retranscriptions du procès qui eu lieu après cette histoire et des articles scientifiques liés à cette épidémie. Cela rappelle la construction du roman Carrie de Stephen King. D'ailleurs, l'auteur cite cette inspiration dans ses remerciements.

Difficile de donner son avis et de décrire ce livre sans trop donner d'indices sur l'intrigue. En tout cas, j'ai beaucoup aimé cet ouvrage et il m'a fait penser à certains moments au roman Les ruines de Scott Smith, que j'ai déjà chroniqué, mais aussi un peu au film Cabin Fever de Eli Roth.

Donc si vous aimez les romans d'horreurs gores avec un bonne psychologie des personnages alors n'hésitez pas ce roman est fait pour vous.

Peut-être que Newton avait ses propres techniques - ou peut-être que ce n'était le fruit d'aucune stratégie. Ca tenait à la souplesse de l'esprit. A la capacité d'encaisser les pires horreurs et de rebondir comme un élastique tout neuf. Un esprit friable volait en éclats. Pour cette raison, il était heureux de ne pas être un adulte. L'esprit d'une grande personne - même celui d'un homme aussi respectable que le chef Tim - était dépourvu de cette élasticité. Leur monde avait été dépouillé de tous ses mystères et, par la même occasion, de son potentiel d'épouvante. Les adultes ne croyaient pas aux histoires de bonnes femmes. Les adultes n'évitaient pas de marcher sur les fentes du trottoir de peur d'encourir un terrible malheur. Ils ne formulaient aucun voeu à la vue d'une étoile filante, ou s'ils le faisaient, c'était sans la farouche conviction des enfants. Jamais on ne rencontrait d'adulte qui croyait qu'il suffisait de répéter trois fois "Bloody Mary" devant un miroir dans une pièce sombre pour convoquer un esprit maléfique assoiffé de sang.

Les adultes étaient tourmentés par d'autres choses : leur travail, leur hypothèque, leurs fréquentations, la peur de mourir seul et mal aimé. Il s'agissait de pâles craintes à côté de celles d'un enfant : des clowns grimaçants sous le lit, des monstres gluants tapis dans l'ombre du sous-sol et de terrifiantes horreurs sans visage venues des confins de l'espace. il n'existe aucune méthode en douze étapes ni de groupes d'entraide pour surmonter ces peurs.
Ou peut-être qu'il y a une solution : il suffit de grandir.

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Rédigé par Bennybooks

Publié dans #horreur

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