Le voleur de larmes de Alain Bezançon

Publié le 21 Mars 2013

Dans un monde où les émotions disparaissent, le commerce des larmes et des émotions qu'elles contiennent est devenu une industrie florissante. En marge de cette industrie et de ses larmes d'élevage, un marché parallèle offre des larmes sauvages prélevées à l'insu de leurs propriétaires pour une consommation très privée. Baldassario, le voleur de larmes, est un virtuose dans ce domaine. Il est confronté à son plus grand défi qu'il relève sans se douter de l'issue inattendue que cette aventure lui réserve.

Le voleur de larmes de Alain Bezançon

Critique d'une petite nouvelle pour changer de mes critiques de BD, en attendant la critique du Trône de Fer intégrale 1.

L'histoire est celle de Baldassario, un jeune voleur de larmes, qui est chargé de voler celles du dirigeant de l'industrie Emotein. Cette industrie fournit les gens victimes de la Maladie du Siècle, maladie qui supprime les émotions, en larmes pour découvrir des sensations nouvelles ou oubliées. Pour s'approcher de cette homme, Baldassario va devoir retrouver ce qui manque le plus dans la vie de sa cible afin de faire couler le précieux liquide.

L'histoire est fort sympathique, on suit l'aventure de Baldassario avec plaisir et on a envie de savoir ce qui va se passer. L'idée de l'intrigue est très intéressante, dans une société où aujourd'hui la sensibilité est en grande perte. Ce texte m'a beaucoup ému mais je regrette simplement que l'intrigue ne soit pas un peu plus développée dans l'émotion. C'est justement la fin qui m'a posé problème car elle manquait d'émotion pour moi.

Les personnages sont bien développés pour une nouvelle. La petite Lei m'a intéressé et ému dans ses attitudes, ses émotion, son vécu.

Une bonne petite nouvelle qui m'a fait passer un agréable moment et qui me conforte dans le fait que certaines nouvelles pourraient devenir de très grands romans.

Baldassario connaissait les règles mieux que quiconque, mais il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le commanditaire et ses motivations. Qui pouvait bien vouloir ressentir l'extase de la veuve Fromentina et s'approprier à son insu une expérience aussi intime? L'Emotein en vente libre provenait de larmes d'élevage cultivées sur des sujets consentants et suffisait à satisfaire les amateurs de sensations nouvelles, les artistes en panne d'inspiration et surtout une population en croissance exponentielle affectée par la maladie du siècle qui tentait désespérément de conserver l'humanité dont la maladie la dépouillait, émotion après émotion. Il existait bien sûr un marché parallèle fournissant des larmes de plus ou moins bonne qualité et de source le plus souvent douteuse destinées à satisfaire tous les vices, fantasmes et perversions. Enfin il y avait les larmes sauvages tout simplement volées sur commande par des professionnels de haut vol parmi lesquels Baldassario faisait figure de légende.

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Rédigé par Benjamin Comet

Publié dans #science-fiction, #nouvelle-conte

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bibliopassion 28/08/2013 22:16

J'ai téléchargé cette nouvelle sur ma tablette comme première expérience e-book. Je sens que je ne vais pas être déçu. Merci pour ta critique !

Ly' 21/03/2013 13:54

Wow l'histoire à vraiment l'air super originale : O