Lunar Park de Bret Easton Ellis

Publié le 26 Janvier 2013

On se souvient des personnages décadents Patrick Bateman (American Psycho) et Victor Ward (Glamorama), des paradis artificiels, de la gloire et de la violence qui étaient au cœur de leurs expériences. Comme s’il s’agissait d’écarter une réputation sulfureuse, mêlant ses propres souvenirs, ses démons et les personnages qui peuplent ses précédents textes, Ellis décide avec Lunar Park d’incarner lui-même un homme marié, père de famille, vivant dans une immense propriété du comté de Midland. En définitive, une vie bourgeoise partagée entre le centre commercial le samedi après-midi, les séances chez une thérapeute pour couples et les dîners entre voisins. Un revirement comique qui se transforme en cauchemar. Le narrateur, Bret Easton Ellis, pense que les madeleines de Proust sont des mandarines, que sa maison d’Elsinore Lane est hantée, que le spectre est son père mort et peut-être aussi le héros assassin d’American Psycho, qu’il doit retrouver la simplicité des phrases de son premier roman…

Lunar Park de Bret Easton Ellis

5ème livre de mon challenge ABC. C'est une grande surprise car c'est le premier livre que je lis de Bret Easton Ellis, écrivain trash très souvent critiqué. Connu surtout pour son livre American Psycho, il nous livre ici un récit dont il est le héros ou bien la victime.

Bret Easton Ellis, écrivain alcoolique et drogué, est marié, deux enfants dont l'un est le sien, vivant dans une banlieu du Midland, en somme le rêve américain. Mais ce rêve se transforme en cauchemar quand des phénomènes étranges commence à se prduire dans sa maison: des meubles qui se déplacent, des lumières qui clignotent, des grattements et des griffures appraissants en bas de la porte de son fils. Des meurtres aussi commencent à se produire dans la région et qui reprenne les crimes de son livre American Psycho. Tout est-il le fruit de son imagination ou bien réel?

En arrière-plan de cette histoire, il y a surtout la relation difficile entre Bret et son fils Robby. Relation encore plus difficile car Bret a eu une relation très difficile avec son père, qui a servi d'ailleurs de modèle pour le personnage de Patrick Bateman. C'est avec un cheminement long, nappés d'alcools et de drogues, que Bret fera fasse à ces situations et commençant à s'apercevoir que se qui fait la force de tout à chacun, c'est d'avoir une famille même si c'est la pire qui soit.

J'ai beaucoup aimé ce roman, avec des séquences qui m'ont glacer le sang. Ce roman pour l'auteur est, je pense, un prétexte pour exorciser ses vieux démons. Je vous le recommande.

Patrick Bateman était un narrateur notoirement indigne de confiance et si vous aviez réellement lu le livre, vous en veniez à douter que ces crimes aient été commis. Il y avait des indices insistants qu'ils n'existaient que dans l'esprit de Bateman. Les meurtres et la torture étaient en fait des fantasmes nourris par sa rage et sa fureur contre la façon dont la vie était organisée en Amérique et la façon dont il avait été - en dépit de sa fortune - piégé par ça. Les fantasmes étaient une échappatoire. C'était la thèse du livre. Ca parlait de société, des modes et des moeurs, et non de découpage de femmes. Comment quiconque avait lu le livre ne pouvait voir ça?

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Rédigé par Mason Ben Fischer

Publié dans #fantastique

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